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Lada Niva T3

LADA NivA T3

 

Dès 1978, soit dès le début de sa commercialisation en France par le réseau Poch, la Lada Niva 4x4  bénéficie auprès des amateurs de TT d'un énorme succès et d'une solide réputation de robustesse. Pas étonnant dès lors que lorsque, la même année, Thierry Sabine a l'idée saugrenue de créer une toute nouvelle épreuve sportive: le "Paris-Dakar", quelques aventuriers soient titillés par l'envie de se lancer à l'assaut des déserts africains au volant de leur petit tout-terrain russe. Le 24 décembre 1978, ce sont ainsi 5 équipages qui se présentent au départ de Paris avec leur Niva totalement de série, sans aucun soutien du constructeur ou même de l'importateur, prêts pour le plus fou des défis! Seuls 2 d'entre eux arriveront toutefois à Dakar... Le meilleur étant le n°132, celui emmené par le français Jean-Louis Ledentu qui amène sa petite Lada bleue à la 28ème place d'un classement général qui, étrangement, ne distingue pas encore autos et motos.


L'année suivante, ils sont desormais 8 à s'aligner au Dakar sur une Lada! Parmis eux un certain Jean-Claude Briavoine, le 1er à avoir osé franchir la porte des etablissements Poch pour leur demander un soutien officiel. Comme ce n'était pas trop onéreux et que ça faisait un peu de publicité à la marque, Jacques Poch et son fils Jean-Jacques se laissèrent tenter, marché conclu! Ainsi naquit l'équipe "Lada-Poch" dont la toute 1ère décision fût de faire grimper la puissance du moteur 1600 cm³ à 110 CV. Malheureusement pour elle, une casse mécanique la privera du lac Rose... C'est dès lors un pilote privé, André Trossat, qui sauve l'honneur soviétique au 19ème rang du classement autos.  

Après cet échec, c'est une équipe "Lada-Poch" plus motivée que jamais qui s'engage sur la 3ème édition du Paris-Dakar. Avec un moteur dont la cylindrée est passée à 1800 cm³ pour 140 CV grâce à quelques pièces Strakit, la Lada Niva s'éloigne de la série mais se rapproche de la victoire puisque Briavoine termine 3ème! Un 1er podium historique qui en appellera bien d'autres... En 1981, Jean-Claude remportera en effet le Paris-Tunisie et le rallye d'Algérie, ce qui lui offrira le titre alors officieux de champion du monde!!!  En 1982, avec une voiture identique, il fait mieux encore en grimpant sur la 2ème marche du podium final à Dakar! Dès la course suivante, le Rallye de l'Atlas, la cylindrée du bloc VAZ passe à 2 litres et sa puissance oscille entre 150 et 160 CV. De quoi permettre à André Trossat, devenu pilote officiel, de terminer 5ème de l'épreuve et surtout de s'imposer par la suite au rallye des Pharaons et au rallye d'Algérie! Un rallye d'Algérie où Briavoine termine 3ème sur l'autre Niva, offrant ainsi un 1er titre mondial à l'écurie "Lada-Poch"!!! La marque soviétique entre par la grande porte dans la légende du sport automobile international...


A partir de 1983, le modèle de série cède petit à petit la place à un véritable prototype. Arrivé au maximum de développement et étant devenu trop fragile en raison de ses augmentations de cylindrée, le moteur soviétique est remplacé par un 2,5l Maurelec poussé de 180 à 215 CV. Avec une telle cavalerie, Trossat accroche un 3ème podium consécutif à Dakar en terminant 2ème derrière l'étonnant duo Ickx / Brasseur (l'acteur) et son gros Mercedes 280 GE! Ce qu'il manquait à la Lada pour gagner? Uniquement de la vitesse de pointe... Mais impossible d'aller plus vite sur les pistes avec un empattement si court. La décision est donc prise de l'allonger! Tout simplement. La tâche est confiée au carrossier Lebranchu, déjà en charge à l'époque de "décapiter" les Niva pour en faire des cabriolets "plein soleil". Afin de ne pas dénaturer la ligne originelle imaginée par Pietr Prusov, on procède par petites touches: 8,5 cm en plus derrière les roues avant et 11,5 cm devant les roues arrières. Ni vu ni connu, la petite russe a ainsi gagné 20 cm! Et dans la foulée sa toute première course disputée dans cette surprenante configuration !!! Michel Gendre l'imposant facilement dans le rallye des Grandes Causses pour sa 1ère sortie officielle. Mais ce succès n'est rien en comparaison de l'exploit historique que réalisera "Lada-Poch" à l'occasion du rallye des Pharaons. Briavoine triomphe en effet aux pieds des pyramides devant ses équipiers Trossat et Lartigue! Un formidable triplé qui place plus que jamais la marque de Togliatti au rang de grandissime favorite pour l'édition 1984 du terrible Paris-Alger-Dakar...


Malheureusement, une malédiction tribale semble frapper les petites voitures blanches et aucune n'atteindra le Sénégal... Le 1er pilote Lada privé, Blaise Henrion, ne terminant qu'à une modeste 67ème place finale. Une année à oublier? Pas si sûr car elle voit la naissance d'un étrange prototype conçu et piloté par Jean-Pierre Jabouille et... Michel Sardou (oui, oui, le chanteur)! Affublée d'une boîte 5 vitesses de Peugeot 505 turbo et surtout équipée d'un moteur ROC d'une cylindrée de 2440 cm³ pour une puissance de 290 CV, cette Niva s'aligne sous les couleurs privées (et arc-en-ciel...) de "Pastis 51" et "VSD" mais Poch n'est jamais très loin... A noter que la mécanique, à la sonorité digne d'une turbine d'hélicoptère, était à la base conçue pour équiper des monoplaces de Formule 2 ! Basée sur un bloc Simca coiffé d'une culasse double arbre Funda et tournant à plus de 8000 trs/min., elle n'avait que peu de chances de tenir le choc pendant les 13.000 km d'un Dakar... Ce qui se confirma d'ailleurs par un cuisant abandon dès le prologue! Cette année là, Lada ne gagnera "que" le rallye de l'Atlas avec Pierre Lartigue au volant. 


En 1985, si Poch conserve son Maurelec et adopte les couleurs arc-en-ciel de VSD et de TF1, Jabouille, toujours fidèle au Pastis 51 et rejoint par France-Soir, choisit quant à lui de remplacer son fragile ROC par un 3.5 l V6 PRV de 270 CV. Placé en position centrale, ce moteur prend place dans une carrosserie passablement élargie. La Niva de série est bien loin! Et Dakar aussi puisqu'aucun des 3 exemplaires engagés n'y arrivera... Les pilotes étaient Lartigue, Schlesser et Jabouille lui-même (toujours secondé par Sardou). Du côté des superbes "VSD", Trossat et Gendre ne connaîtront pas plus de réussite... On peut donc sans hésiter parler d'un véritable fiasco! Heureusement, Trossat au rallye du Cameroun puis Lartigue à la baja Montesblanco et au rallye d'Algérie viendront sauver la saison de Lada en ramenant trois superbes victoires finales.  


Malgré la mauvaise expérience vécue par Jabouille en 1984, Lada-Poch choisit pour 1986 d'adopter à son tour le moteur ROC. Une nouvelle génération toutefois, plus fiable et portée à 310 CV! La carrosserie rallongée est pour sa part munie d'éléments ouvrants en polyester tandis que la coque reste en acier. Au volant de ce très spectaculaire prototype, Pierre Lartigue, "l'Africain", terminera 4ème du Paris-Dakar et remportera le rallye de Tunisie ainsi que le raid Languedoc-Roussillon. Sous les couleurs de Marlboro, il finira aussi 2ème de la baja Montesblanco, bien co-piloté pour l'occasion par le regretté Gaston Rahier (double vainqueur du Dakar motos en 1984 et 1985). L'année suivante, si le moteur ROC est conservé, la carrosserie est desormais en carbone et les ailes sont démesurément bombées. Aucun résultat significatif ne viendra toutefois saluer ces efforts technologiques. A noter aussi que cette année là, les Niva officielles portent furtivement les couleurs de Solupla (fabricant français de châssis PVC et alu) comme sponsor principal... 


En 1988 Jean-Jacques Poch réussit malgré la perte de vitesse de son écurie à attirer en ses rangs l'llustre pilote belge Jacky Ickx! Ancien vice-champion du monde de F1 avec Ferrari et sextuple vainqueur du Mans, il amène dans ses valises une incomparable expérience, un immense talent et tous les espoirs qui vont avec... Avec lui Lada ne terminera pourtant que 38ème du Paris-Dakar, 11ème du rallye de l'Atlas et 3ème du rallye des Pharaons avec le patron comme co-pilote ! Des résultats en demi-teinte qui font comprendre au team franco-soviétique que l'heure des grands changements est venue. En 1989, Lada-Poch s'offre une année sabatique pour mieux préparer sa réplique aux Peugeot 405 T16. Ce sera la fabuleuse 
Lada Samara T3 dévoilée quelques mois plus tard et alignée dès 1990. La fin pour Poch de 8 ans de légendes africaines avec la Niva. Mais pas encore la fin tout court...


En ce début des années '90, c'est en effet au tour du département compétition d'AvtoVAZ de s'intéresser de plus près au rallye-raid. Si jusqu'alors les activités de l'importateur français avait toujours laissé les soviétiques un peu froids, le soutien officiel de A/O AvtoExport au nouveau programme Samara T3 donne des idées à Lada Motorsport qui décide de construire son propre prototype! Baptisé Lada Niva T3, il n'a toutefois aucun rapport avec son grand frère français puisque flanqué d'une carrosserie en acier 100% d'origine, il ne s'équipe que d'un inédit mais faiblard moteur VAZ de 1860 cm³... Développant à peine 135 CV, celui-ci ne permet pas d'emmener les 1300 kg de l'engin à plus de 160 km/h. On est donc très très loin des 330 CV et 220 km/h de la Samara à moteur Porsche!!! Cela n'empêche toutefois pas l'usine de la Volga de s'imposer dès sa 1ère sortie lors de l'édition 1991 du rallye hongrois "Magyar MAVAD Raid-4". Les évènements politiques en URSS viendront malheureusement interrrompre ce bel élan... Il faut ainsi patienter jusqu'en 1993 pour revoir la Lada Niva T3 à l'oeuvre aux mains du jeune espoir russe Alexander Nikonenko. Cette année là il se classe notamment 14ème du rallye de l'Atlas et 4ème de la Baja de Sardaigne. Confiées à des mains moins expertes (celles de Lakeev et Krivobokov), les Lada Niva T3 n'en réalisent pas moins un beau tir groupé aux 10ème et 11ème places du Paris-Moscou-Pékin 1995. Des accessits qui, conjugués à la 2ème place de Nikonenko et sa Samara, permettent au team Lada Motorsport de remporter le classement général par équipes! Après 16 ans de beaux et loyaux services, ce sera là le dernier fait d'armes du plus sympa des 4x4 sur la scène internationale... 

Au début de cette même année 1995, l'inoxydable Jean-Claude Briavoine a pourtant tenté une dernière fois de se lancer à l'assaut du Dakar à bord d'un ancien prototype Poch reconditionné par ses soins mais ses efforts ne seront malheureusement pas récompensés à leur juste valeur (abandon). Cette fois c'en est bien fini. Seuls restent des souvenirs impérissables et un palmarès impressionant: 1 titre de champion du monde des constructeurs, 13 victoires au classement général, 20 podiums finaux et 4 arrivées dans le top 5 du Paris-Dakar! Assurément les plus belles pages de l'histoire sportive de Lada...


Télécharger ICI le manuel officiel rédigé par Poch pour la  "prépation raid" et la "préparation prototype" d'une Niva (édition 1989 - 85 pages - format "*.pdf")

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